Installer des capteurs solaires
Bien placer les capteurs sur la maison
Un capteur solaire produit plus ou moins selon l'endroit où il est posé. Son orientation, sa pente et l'absence d'ombre déterminent l'énergie récupérée. Une bonne intégration au bâtiment assure aussi une installation durable. Il faut donc trouver l'équilibre entre une production suffisante et un aspect qui s'accorde avec la maison et son quartier.
Sur une maison, les capteurs sont le plus souvent placés sur un toit en pente. Mieux vaut les réunir sur un seul pan que les répartir en petits groupes : l'ensemble est plus discret. Les poseurs cherchent souvent une disposition symétrique, alignée sur les fenêtres et les arêtes du toit. Certains capteurs remplacent une partie des tuiles ou des ardoises. Ils se voient moins et l'étanchéité est plus simple à gérer, à condition que le système dispose d'un avis technique pour cet usage.
Les capteurs peuvent aussi jouer un autre rôle. En auvent, ils font de l'ombre aux baies vitrées en été. Sur une véranda ou une verrière, ils laissent passer une partie de la lumière tout en produisant de l'énergie. En façade, ils peuvent servir de brise-soleil ou de bardage ventilé, fixés sur une ossature métallique séparée du mur. Dans une construction neuve, on peut prévoir tout cela dès les plans. En rénovation, il faut parfois créer une petite toiture ou une structure dédiée pour disposer d'une surface tournée vers le sud.
Orientation, pente et ombres
Le meilleur choix est une orientation plein sud. Le sud-est ou le sud-ouest restent acceptables si la maison ne permet pas mieux. La perte reste faible tant que la pente n'est pas trop forte et que les capteurs ne sont pas à l'ombre en journée. En revanche, plus les capteurs sont inclinés, plus un écart important avec le sud fait baisser la production.
Une pente de 30 à 45 degrés convient bien pour l'eau chaude et pour un appoint de chauffage. Dans les régions très ensoleillées, une pente plus douce évite les surchauffes en été. Sur un toit existant, la pente des capteurs suit en général celle de la couverture, avec un petit réglage possible grâce aux fixations. Au sol ou sur un toit plat, des supports inclinés permettent de choisir l'angle librement, en tenant compte du vent.
Les ombres sont un point à surveiller de près. Un arbre, une haie, un immeuble voisin ou une colline peuvent faire chuter la production, surtout si l'ombre balaie les capteurs au cours de la journée. Un capteur en partie à l'ombre rend moins que prévu. Certains modules supportent mal une ombre qui revient chaque jour sur les mêmes cellules. On choisit donc un emplacement ensoleillé la plus grande partie de la journée, et surtout vers midi en hiver, quand le soleil est déjà faible.
La pose sur le toit
Sur un toit en pente, on laisse un espace entre les capteurs et le faîtage, les arêtiers et les noues. L'eau s'écoule ainsi normalement et la couverture reste accessible pour l'entretien. Cet espace est souvent d'environ 50 centimètres sur chaque bord, sauf pour les systèmes prévus pour être posés bord à bord. Les fixations traversent la couverture et s'accrochent à la charpente ou à des rails solidement ancrés. Elles doivent être calculées pour supporter le poids de la neige et la force du vent.
Il existe deux modes de pose. Les capteurs intégrés remplacent la couverture : ils doivent avoir un avis technique du CSTB et sont couverts par la garantie décennale pour l'étanchéité. Les capteurs en surimposition se fixent au-dessus des tuiles existantes : on touche moins au toit, mais les passages de fixations doivent être bien traités. Dans les deux cas, une étanchéité continue et une bonne aération sous les panneaux évitent la condensation et les points de surchauffe.
Les tuyaux qui relient les capteurs au ballon d'eau chaude ou à l'échangeur doivent être courts, bien isolés et bien purgés. Les passages à travers les murs extérieurs se font avec des fourreaux étanches et des colliers qui acceptent la dilatation. Le circulateur, les soupapes, le vase d'expansion et la régulation sont le plus souvent réunis dans un local technique facile d'accès, près du ballon.
La pose au sol et les démarches
Si le toit ne convient pas, on peut installer les capteurs au sol ou sur une structure à part. Des supports métalliques inclinés sont alors fixés sur une dalle, un toit-terrasse ou un coin dégagé du jardin. L'entretien et le nettoyage sont plus faciles. Il faut toutefois protéger les panneaux des chocs et du vandalisme, et prévoir un ancrage qui résiste au vent. L'accès doit rester libre pour vérifier régulièrement les fixations et les tuyaux.
Les règles d'urbanisme varient selon la commune et le type de pose. Sur une maison existante, une déclaration préalable de travaux suffit souvent, surtout si l'installation change l'aspect de la maison vu de la rue. Près d'un monument historique ou dans un secteur protégé, des exigences de couleur, de position ou de surface peuvent s'appliquer. Un refus est même possible sur les façades les plus visibles. Les capteurs au sol suivent les mêmes règles s'ils dépassent la surface ou la hauteur fixées par le plan local d'urbanisme. Le mieux est donc de se renseigner d'abord auprès du service urbanisme de la mairie.
Faire appel à une entreprise qualifiée garantit le respect des règles de l'art. Cela permet aussi de bénéficier des aides lorsqu'elles existent. Les assurances, et notamment la garantie décennale pour l'étanchéité du toit ou la structure, exigent une installation conforme aux normes et des systèmes couverts par un avis technique adapté.